Popsicle et mots d’été

J’ai été trop occupée et trop paresseuse pour écrire ici durant le printemps. Je ressors de mes tiroirs des textes qui datent. Mais! Celui-ci a été écrit il y a probablement un an jour pour jour. Et à part les enfants qui grandissent à vue d’œil, je pourrais réécrire ces mêmes mots aujourd’hui. Même nostalgie, même boule dans la gorge qui me prend quand je les regarde à la dérobée… Et c’est un texte plein de crème solaire, de popsicle et de chaleur, alors profitons-en, puisque l’été cette année se fait attendre…

« Oh! Entend le chien wouf wouf! Vais chercher grand frère… C’est bon popsicle! »

J’ai arrêté ce que je faisais pour porter attention à son petit monologue. Il vient d’avoir deux ans. Il déballe ceci en trente secondes, ente deux bouchées de ce popsicle qui lui fond sur le menton et essayant en vain de grimper sur le tricycle de son frère.

Ses cheveux lui arrivent maintenant aux épaules, belle tignasse de cheveux doux et vaporeux que je ne peux me résoudre à couper. Il a des dizaines de bleus et d’éraflures sur les jambes. Sur ses joues, une trace des marqueurs fluo qui traînent sur mon bureau et dont il s’empare à tout bout de champ.

Tout son univers est réuni ici : sa maman, son papa, son frère et les quelques pieds carrés de terrain qui sont pour lui un nid et le bout du monde en même temps. Je vois bien qu’il quitte peu à peu le monde des doudous pour rejoindre celui des camions de pompiers, un monde que son frère à peine plus vieux quittera bientôt…

Je le regarde manger son popsicle aux cerises en se parlant à voix basse et l’image de son enfance me frappe tellement fort que j’en ai la gorge nouée. Son ventre rebondi sous un chandail taché de spaghetti, ses joues rondes et douces comme des petits gâteaux à la vanille, ses yeux sérieux alors qu’il se concentre sur ce tricycle à dompter.

En combien de secondes ces instants de perfection s’envolent-ils? Ai-je le temps de respirer avant que ne disparaisse l’image de ce petit garçon tellement vivant? Mes enfants me rendent déjà nostalgiques du moment présent…

Alors avant que ses petites jambes soient assez agiles pour me fuir en riant, j’en profite pour l’attraper, l’embrasser, enfouir mon nez dans son cou et lui mordiller les joues. Son rire qui éclate dans mes oreilles, son frère qui arrive en courant pour avoir droit au même supplice : y a-t-il un coffre où je pourrais enfouir ces trésors? Pour les jours malheureux où même les garçons enjoués deviennent boudeurs. Ou pour les jours où j’oublierais que le bonheur se trouve quelque part entre une bouchée de popsicle et deux bisous mouillés.

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