Lettre à mes enfants

Ce texte a été publié dans le recueil Lettre à mon enfant, paru à l’automne 2012. Il regroupe les témoignages d’une centaine de parents et grands-parents. C’est un superbe livre… dont les profits sont remis à la Fondation du Dr Julien… 😉 Mes enfants ont grandi depuis que j’ai rédigé cette lettre, mais j’avais envie de la partager.

Pour Paul, Pour Louis,

Il y a, dans l’armoire de la pharmacie, « vos » tests de grossesse.

Enceinte de toi Paul, j’avais refait ce fameux test quatre fois. Chaque fois, la main tremblante, attendant le verdict de la barre verticale : « C’est pas possible ! Déjà ? C’est ce que je voulais… Mais mon dieu je suis morte de trouille. Un petit bébé à nous, pour vrai ? Allez, un autre test ! » Et j’étais là, incrédule devant ma chance et devant l’énormité de ce que nous venions de faire : un enfant… Lire la suite

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Douleur ou souffrance?

Je ne pensais pas écrire deux billets de suite sur l’accouchement… En fait, j’ignorais même à quel point j’avais envie de fouiller la question! Mais une réflexion dans les commentaires précédents (faut-il souffrir pour être une bonne mère?) me donne envie de le faire.

Comme il est délicat ce sujet de l’accouchement… La plupart des mamans dans mon entourage ont vécu des accouchements avec péridurale, et certaines ont donné naissance à leur enfant par césarienne. Sont-elles moins mère que moi? Bien sûr que non!

Lorsque je parle de mes accouchements entre amies, j’ai d’ailleurs souvent une petite gêne. Cette peur de passer pour celle qui veut convaincre les autres qu’elle a trouvé LA bonne façon d’accoucher, peur aussi de culpabiliser d’autres mamans qui n’ont pas de beaux souvenirs d’accouchement. Drôle comme une expérience positive dans ce domaine amène son lot d’interrogations, de stupéfaction ou d’incompréhension. C’est dire le fossé qui existe entre la réalité de l’accouchement naturel et ses perceptions… Lire la suite

Naissance d’une mère : naissance d’une féministe

Pour certaines féministes, maternité et accomplissement personnel (ou émancipation) ne font pas bon ménage. Comment les blâmer? Alors que la procréation et le maternage (souvent imposés) ont longtemps été des boulets pour les femmes, il reste des stigmates chez certaines que je peux tout à fait concevoir, mais sur lesquelles je ne m’attarderai pas ici. C’est un débat immense et aux mille facettes…

J’ai plutôt été frappée par cette idée de deux rôles (mère et féministe) potentiellement incompatibles lors d’un récent souper de famille. Ma sœur, femme inspirante s’il en est une, s’étonnait que je me décrive comme féministe, moi qui clame haut et fort mon amour de la maternité, mon désir de remettre ça pour un 3e et mes remises en question ponctuelles sur la possibilité de me consacrer entièrement à mes enfants. Sa vision du féminisme se résumait globalement au fait de prendre sa place (comme les hommes?) sur le marché de travail. Défoncer le plafond de verre, si j’ai bien compris, serait l’idéal féministe à atteindre pour ma sœur. Encore une fois, je ne m’attarderai pas sur ce discours, qui ramène les revendications féministes à leur angle purement économique selon moi, alors qu’elles sont religieuses, sexuelles, identitaires, et j’en passe! Lire la suite